Les romans de Lotis

Les romans de Lotis

J'écris, je partage, je rends compte

Love is like a bomb

Love is like a bomb, baby, c’mon get it on

Livin’ like a lover with a radar phone

Lookin’ like a tramp, like a video vamp

Demolition woman, can I be your man,

Your man [...]

 

DEF LEPPARD — Pour some sugar on me (Clark/Collen/Elliott/Lange/Savage) – «Hysteria», Phonogram Ltd 1987.

 

Saint-André — Certains jours, il se ménageait du temps, une heure en plus avec elle. Juste pour sa présence. Pour convoiter ses pensées, sans même avoir envie d’elle. Simplement à la regarder. Intimité insolite entre eux. Il la recevait de plein fouet.

Il voyait encore d’autres filles. Elles étaient parfois plus belles. La majorité d’entre elles était plus vieille. Il gaspillait avec elles des désirs, des chimères. Elles s’alimentaient toutes à la banalité, à la pesanteur. Elles n’exploitaient pas le quart de son registre, la moitié de sa fantaisie. Sa femme enfant, elle, savait alterner son panel de rôles sans ciller. De l’authentique nymphomane à la romantique, de la fougue à la douceur. Jusqu’à ses lubies, n’importe où, n’importe quand, des ascenseurs dans un hôtel aux embrasures du faux manoir. Quand ni lui, ni elle ne pouvaient se décrocher de l’autre une seule seconde. À ne plus pouvoir respirer. Il ne se lassait plus de sa façon de bouger, de sa sensualité. Il avait cru s’en détacher souvent. Mais une excentricité, une réflexion, une paillette dans ses yeux pouvaient le déstabiliser. Et le reconquérir.

Des quadrillages jonchaient le merisier devant elle. Elle soupirait. Dépouillait, hagarde, les équations, les formules, les chiffres. Décidément, les cours, les copies, les devoirs, les interros, c’était trop. L’année scolaire se terminait en apothéose. Elle n’en pouvait plus. Elle raflait encore quelques bonnes notes, parce que le lycée face au reste, c’était sa bulle d’insouciance. Elle aimait deux ou trois matières dans le tas. Mais elle se demandait à quoi ça lui servirait, les études. Surtout les maths. On n’exigeait pas d’elle un niveau bac plus dix pour ses exercices nocturnes. Du coup, elle se dirigea vers les apéritifs. Avec la ferme intention de se verser un porto.

Mark : Tu révises tes cours en buvant mon porto maintenant ?

Il était devant elle. Les bras croisés l’un sur l’autre. Et rieur.

Cassandre : Lâche-moi, les maths, j’y arrive pas. 

Elle pointa un index accusateur sur les manuels au loin. Absorba trois gorgées de sa liqueur.

Cassandre : C’est des barbares, une vraie torture, ils l’ont inventée exprès, Pythagore, Thalès, blablabla…

Mark : Tu sais pourtant recompter tes billets.

Cassandre : Ah, mais le fric c’est sérieux, pas les équations.

Mark : C’est pareil. Tout repose sur la logique.

Il récupéra l’énoncé du devoir. Mademoiselle dégusta son porto. Puis vint près de lui.

Mark : Viens, je t’aide. Montre-moi que tu es intelligente.

 

 

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