Les romans de Lotis

Les romans de Lotis

J'écris, je partage, je rends compte

14. Le Spectateur

 

 

Il a dû la croire sur le coup. Je ne le connaissais pas, ça reste une supposition. Que raconter sur ce type ? Il était accro à sa fleur des nuits. Il devait aussi pas mal fumer, l’afghane, ça entame les transmissions neuronales. Je l’aurais laissée partir, pareil. Même si j’en avais été accro. Même avec un plus con que moi. J’aurais plongé dans la drague pour l’oublier. Quand on a aimé, ce n’est pas facile de se dire : l’herbe est plus verte ailleurs. Mais on essaie de continuer. Je vois par rapport à mon expérience. Je ne suis pas non plus au courant de tous les détails. Il y a des secrets là-dedans. Des abcès que je ne perce pas.

Comme : les sentiments d’une de ces fleurs des nuits. Elles ont des sentiments ? Où sont-ils cachés ? Une grande énigme, ça. Aiment-elles, ou alors s’accrochent-elles tout bonnement à leur survie. Pour éviter de sombrer ?

Fleurs de mes nuits. Mignonne, l’expression. Elles se croisent plutôt la nuit. Certaines s’épanouissent dans les entrailles de nos nuits. La première fois où j’ai vu Cassandre, c’était le soir. Victoire était du style à sortir de son lit à la nuit tombée, n’a-t-elle jamais su à quoi ressemblait une journée ? Un vampire, cette minette, toujours sapée en noir. En boîte, le matin à peine venu, elle était déjà en train de roupiller sur une banquette. Pour sa décharge, elle consommait pas mal de trucs. Et pas que de la bonne. Lina, je la voyais de nuit. Bien sûr. Et Annabelle, ah, Annabelle ! Ses robes à paillettes sous les projos de la piste. Ses jupes en lycra blanc très très courtes, à peine là pour donner l’illusion de la pudeur ! Annabelle avec son cache-cœur limite licencieux, ses cheveux si longs virevoltants.

Une étincelle au milieu de mes nuits.

 

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