Les romans de Lotis

Les romans de Lotis

Je raconte des histoires, vraies de préférence.

11. Le Spectateur

 

Le spectateur

 

Moi, cet épisode, il me laisse sceptique. D’un côté, je ne suis pas idiot, je la connais, je connais aussi sa réputation de l’époque. Si vraiment elle avait voulu, on ne l’aurait pas amadouée. Surtout, Cassandre avait de l’entraînement avec Mark. Le mode d’entraînement à la roulette russe. Après ça, deux menaces, c’est ridicule, plus rien. De l’autre côté, elle est quand même sensible. Voire impressionnable. Ce qui pèse dans la balance, c’est quoi ? Elle a eu une occasion, je m'en rends compte. Elle a eu l’opportunité de tout arrêter. En s’entêtant un peu, c’était gagné. Mais elle ne l’a pas fait. Pourquoi ? Elle, elle affirme :

« J’aimais trop l’argent, j’aimais quand les vendeuses des boutiques de luxe me ciraient les pompes pour une minijupe à une demie plaque payée cash, les restos gastros, les soirées foie gras, champagne, caviar.

Là, c’est le moment où je lui fais remarquer qu’elle ne mange pas de caviar. Elle renchérit :

– Ouais. Mais j’aimais le voir sur les plateaux. »

Moi qui la connais maintenant, j’ai du mal à me la figurer aussi rapiat. Parce qu’on ne peut pas dire que le fric la préoccupe. Même quand elle n’en a plus assez. Elle est plutôt cigale que fourmi. Une cigale intéressée par les vérités spirituelles, l’âme, tout ça. Pas accro du tout au matériel.

Alors ? Entre les types dans le parc, les feintes de Victoire, la mutilation de cœur sauce Michael, la drague sauce Mark, elle, elle aurait choisi que le portefeuille ? Uniquement pour les fringues, la neige, sans se poser la question ? Sans autre motivation ? De deux choses l’une : ou elle a beaucoup changé depuis. Ou elle ment, selon la formule, comme un arracheur de dents. Possibilité qui ne m’étonnerait qu’à moitié.

 

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