Les romans de Lotis

Les romans de Lotis

J'écris, je partage, je rends compte

3 Le spectateur

 

C’est à ce moment-là que le vent a tourné. Ou plutôt que Victoire a fait tourner le vent à son idée. Je n’ai jamais pu l’encaisser, cette minette. Ses speechs m’ont toujours laissé de marbre. Trop arrogante. Trop théâtrale. Trop collante. Trop. Pas de structure sous le relief. Avec le recul, j’ai eu du flair, j’ai tout de suite capté sa nature profonde. Du coup, même pour son cul, elle ne m’a jamais attiré. Oh, je la trouvais assez affriolante. Sans plus. Je fonctionne à l’intuition, moi.

Elle, elle aimait bien le clinquant, la frime, les mecs en Lamborghini avec la came dans la poche. L’un et l’autre ensemble, c’était encore mieux. Il faut dire, elle a quand même pas trié ses clients, elle s’est rattrapée comme elle pouvait en privé. Mais c’était une sacrée caricature. On n’entendait qu’elle, partout où elle allait : je serai une star, je serai célèbre, et tout… C’était juste une pute. La seule célébrité à sa dimension, ça aurait été les studios du porno. Pas gagné. Ses talents d’actrices étaient trop limités à mon avis.

Alors son truc, c’était de régenter la vie des autres. Risible. Déplorable, mais risible. Même quand j’ai appris ses antécédents, je n’ai jamais pu la plaindre. Ce n’est pas sain de se venger sur les autres de son beau-papa, ça ne peut pas servir d’exemple pour les autres victimes de sévices. C’était une fêlée option dangereuse. On me dit qu’elle a aussi eu de bonnes intentions. Qu’elle pouvait être attachante... J’ai du mal à le croire…

D’un côté, il y a ceux qui souffrent, de l’autre, ceux qui sont nés pour monnayer leurs souffrances. Ne cherche pas, ça, c’est Victoire, simpliste et programmée. La société en deux catégories : vous tous les cons dans une. Et moi, je suis l’unique valable, voilà. Elle, elle a propagé ce qu’elle voulait. Ce qui était vrai, personne ne sait trop, c’est sûr. Avec son cynisme bien destroy. Comme si elle voulait balancer à la gueule du monde ses blessures. Sa décadence. Non, j’ai beau faire, ça coince. Pour moi, elle représente la noirceur, les rabatteuses, l’appât du gain. C’est viscéral, je déteste ce genre de désaxées. On ne sait jamais ce qui risque de leur passer par la tête.

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