Les romans de Lotis

Les romans de Lotis

J'écris, je partage, je rends compte

Les avis des lecteurs

Plus que la vie, vu par Isolde La Gronde

 

Au long de deux précédents volumes Machine À Soupirs et Nos Noirs Miroirs, nous avions fait connaissance avec leurs personnages, pris conscience du fonctionnement d'un réseau de prostitution, ou plutôt d'un TRAFIC DE MINEURS.

Nous avions laissé Cassandre et "le clan" à la veille d'un bouleversement imminent, à tout le moins, crucial. Pour Plus Que la Vie, l'immersion est d'autant plus psychologique que la narration s'attache à nous introduire dans l'esprit de Cassandre en particulier, à nous décrire son écartèlement relationnel, les marques indélébiles de traumatismes à répétition, ses orages intérieurs, le compte à rebours d'une bombe à retardement, d'une mort annoncée, au-dessus du précipice, depuis son sémaphore, jusqu'au pied de vénérables Pinacées... Nous croirions à tort en sa complète déperdition, elle qui, machinale, manie avec adresse les rôles à jouer au gré des costumes, entre sourires forcés et comédie. L'étoffe tient ici une place symbolique, à la fois déguisement, enveloppe protectrice, objet transitionnel ?

Plus que la vie se prête à de riches interprétations, véritables anticipations ou danses incantatoires, fouissant la terre d'érables sycomores, y recéler, en attendant, ses secrets écrasants.

 

Nos noirs miroirs, vu par Isolde La Gronde

 

Machine à soupirs initiait la trilogie Fleurs des nuits, les romans de Lotis, d'un éclat particulier par sa forme atypique empruntant au théâtre ses tableaux dans lesquels s'esquissait finement le portrait de personnages foisonnants dont la psychologie et la personnalité affleuraient au rythme de dialogues au réalisme confondant, lesquels présentaient au lecteur une jeunesse abîmée, tenaillée d'espoirs déchus dans l'agitation de grands rêves inaccomplis, en quête d'évasion et d'échappatoires, hélas, manquées, d'une issue à leurs tourments et par-dessus tout aux prises avec un réseau de professionnels du saccage aux penchants inavouables fondus d'impunité, qui délèguent les basses oeuvres d'un marché juteux à des intermédiaires sans scrupules. 

Nos noirs miroirs, deuxième volet des Fleurs des nuits poursuit d'exposer les rouages de ce système infernal au sommet duquel des individus omnipotents d'une cruauté mécanique et glaciale mettent en oeuvre des moyens extrêmes au service de leur perversion. Leurs proies donc, oscillent entre illusion de choix et lucidité quant à leur sort, en marge d'une vie sociale ordinaire où de telles situations sordides n'existent pas pour le quidam non troublé dans ses conceptions, préférant ignorer que le malheur détermine tant d'existences.Tandis qu'eux se détournent ou en jouissent, celles-ci doivent s'accommoder de faux-semblants qu'imposent leurs activités obligatoirement tenues secrètes. L'histoire continue d'égrener les liens complexes d'amitiés éprouvées par les compromissions. De même, l'insert de textes de chansons éclaire l'intériorité des protagonistes. Les particularités physiques de chacun, la mise en relief de traits de caractère via les surnoms aident à cerner les personnages, ce qui peut désorienter de prime abord dans l'empressement à découvrir la bande au complet et ses démêlés. Le tome deux pousse plus loin l'exploration d'une réalité difficilement envisageable. Sa tonalité plus sombre souligne l'état d'esprit des fleurs de nuit qui déclinent à mesure que l'urgence à s'échapper des bas-fonds presse, durement diminuées, figées dans l'effroi d'inquiétantes disparitions ou de vérités muettes. Scrutant le reflet d'elles-mêmes et les ecchymoses dans l'étiolement des noirs miroirs, elles assistent à la montée d'une bourbe insondable de colère, voient le point de non-retour dangereusement se rapprocher. L'on s'étonnera bien sûr de la sensation d'être plus qu'une figure diaphane errant au milieu d'elles, on s'impatientera de l'engluement prolongé des départs empêchés. On cernera la banalité des enfers pour qui s'égare trop longtemps s'il y a grandi... 

Lotis nous entraîne dans un monde qu'on voudrait être irréel... Ses mots claquent, frappent pour une prise de conscience de l'impensable. Ne jamais sombrer, croire
qu'aimer peut être beau.... N'hésitez pas à lire sa trilogie qui ne vous laissera pas indifférent.... 

A.

Rien ne me préparait a cela. Mes à priori me laissant dubitatif face à ce livre, son résumé, je me suis retrouvé aspiré par ce récit dès les premières pages! 
Cette trilogie nous entraîne loin, très loin, et sans même qu’on le réalise. 
A recommander sans hésitation, l’écriture est d’une rare fluidité,l’émotion transcrite avec justesse, touchante. J’aime! 

S.

J’ai ouvert le livre ; j’ai commencé à le lire ; je suis restée décontenancée par la singularité d’un texte, sous bien des aspects, tout à fait neuf. Un livre quasi indéfinissable et difficile à raconter.
Par où commencer en effet, pour dire ce qu’il y a à en dire ?
Par la phrase: « Je ne suis pas dans vos moyens » qu’une enfant de 16 ans sur la route la plus directe vers l’abîme jette en pâture à des adultes en goguette ? Par la richesse des mots, que Lotis dispense au fil des pages comme une déesse de l’abondance ? Par la profondeur des veines qui courent à travers le texte en croisant et décroisant savamment la description des sensations, des sentiments, des émotions, des pensées et des actions de quatre trop jeunes filles, fleurs — trop splendides pour n’être pas aussi innocentes — de ce bouquet vénéneux ? Par la virtuosité étonnante de la structure narrative divisée entre plusieurs points de vue narratifs et plusieurs formes expressives ? Ou bien devrais-je d’abord définir son « genre » ? Mais c’est aussi l’originalité du livre d’être à la fois un récit romanesque, un documentaire, une œuvre théâtrale ou encore peut-être un scénario pour un film qui aurait peu de précédents...

Claire Soullier

Je viens de terminer « Machine à soupirs », que j’ai beaucoup aimé. C’est un thème assez dur que Lotis nous fait découvrir de façon crue, mais sans aucun voyeurisme. Les personnages sont très complexes, des personnalités attachantes, bien qu’un peu énervantes par moment. J’ai apprécié la variété des styles d’écriture, notamment les dialogues, nerveux, percutants, toujours justes. Et l’alternance avec les descriptions, plus calmes. À chaque fois que l’on reprend son souffle, cela repart de plus belle. En fait j’avais l’impression de voir un film se dérouler devant moi, je trouve que c’est une matière scénaristique forte. J’ai apprécié le fait qu’on soit très loin des clichés sur la prostitution, loin du parisianisme. On a vraiment l’impression d’être avec ses jeunes filles, finalement elles pourraient être nous et vice-versa. Il n’y a aucun jugement sur elles, une tendresse même, une tendresse un peu rude.

Morgane Sifantus (Mo pour Mots)

L’histoire de ces jeunes filles m’a rapidement rendue curieuse, choquée, puis bouleversée. L’écriture basée principalement sur des dialogues est simple, légère et naturelle. Plus j’avançais dans la lecture, plus le sujet de la prostitution de jeunes adolescentes se mettait en place. À plusieurs reprises, j’ai dû mettre le livre de côté, car le sujet me révulsait. Je me posais la question : « mais pourquoi est-ce que je lis un tel livre ? » Et pourtant, je le reprenais, de nouveau happée par l’envie de connaître le devenir de ces jeunes filles. Les mots sont particulièrement bien choisis, les dialogues crus semblent réels et le lien avec des morceaux de musique crée une ambiance unique. L’auteur va peu dans les détails sur les rapports sexuels, mais les descriptions du ressenti des personnages sont poignantes. Dépendance, violence, trahison côtoient amitié, amour et recherche de soi. Un livre « dérangeant » qui ne peut pas laisser indifférent.

A.-M.

J’avais été très agréablement surpris par le premier volume de cette trilogie, et je peux même dire que j’avais adoré. J’étais donc impatient de lire la suite. Et en même temps je l’appréhendais. Allais-je retrouver tout ce qui m’avait plus dans le premier roman. Le style, les dialogues percutants, le réalisme, la richesse du vocabulaire, la force émotionnelle. Je craignais par-dessus tout une baisse de rythme et un voyeurisme auquel l’auteur s’était refusé dans le premier.
Et au final ce livre est tout aussi excellent que son prédécesseur, si ce n’est meilleur. Toutes les qualités citées plus haut sont présentes. Même, l’auteur se permet de nous plonger dans une atmosphère plus noire, plus brutale encore. Ce mélange de passages parfois crus qui contrastent avec des moments de très fortes émotions, ces dialogues « cinématographiques », les relations entre les personnages qui sonnent juste, ces mêmes personnages plus vrais que nature. Le tout sans clichés ni jugements. Juste l’amour de l’auteur pour ses héros et son histoire.

L.

Dérangeant, bouleversant parfois, le lecteur se prend en pleine figure le monde glauque et sans pitié de la prostitution chez 4 jeunes femmes à peine un pied hors de leur adolescence.... Des personnages poignants.... Des autres cyniques et sans état d’âme s’affrontent dans la vie, pour la vie et pour la mort... Une écriture directe percutante qui ne ménage pas le lecteur... Après ce volume on ne peut que se jeter sur les deux suivants pour tout connaitre des personnages de leur destin dans cette trilogie.  

J.

Des romans « addictifs », une très belle écriture, des personnages à vifs... Le lecteur est en pleine immersion dans le monde sans pitié et sans concession de la prostitution... Les « Fleurs des nuits » sont authentiques, désenchantées... Pleines d’espoir, parfois... on vibre avec elles.

N.

Machine à soupirs, vu par Isolde La Gronde

Parfois, en rêves, j'assiste, spectatrice invisible ou comme "dédoublée", au déroulement de scènes dans lesquelles je suis impliquée. Ainsi ai-je exactement abordé le roman de Lotis, Machine à soupirs, qui m'a semblé progresser à la manière d'un dessinateur peaufinant ses portraits au rythme patient de son crayon graphite et ses effleurements, de ses pleins et déliés. Les descriptions, les décors et leurs atours, jusqu'aux objets qui s'animent dans le détail et une précision au scalpel nous transportent in situ, nous mettent en présence des personnages et de ceux qui gravitent autour, dans l'inconfort de leurs atermoiements, du fond du piège qui leur est tendu. Le verbe haut, la gouaille truculente d'êtres en déshérence, pastiche de liberté, tranchent avec la gravité de leur solitude intérieure. Le lecteur, plongé dans leurs contradictions et leurs pensées intimes à tour de rôle, découvre finalement, qu'au-delà de leur charivari, du chahut ou d'un reste d'enfance, ces mineurs prostitués, aussi enchevêtrés soient-ils, pris dans l'élan organique qui les pousse les uns vers ou contre les autres, préservent farouchement leurs secrets les plus lourds, les raisons profondes qui les auront conduits au seuil de la prostitution. Bien sûr, il y a ces amitiés étranges où l'un entraîne l'autre dans sa chute, mais c'est toujours ce qu'il se produit lorsqu'on s'égare ou que l'on se délite ensemble ! Car "ils se savent", liés dans la même galère, tandis que leurs parents ne s'interrogent ni ne s'inquiètent de leur sort, transparents, la tête enfouie dans le sable de l'indifférence, alors qu'une autre réalité dispendieuse jaillit d'entre les pages et serre la gorge du lecteur.

Les avis des lecteurs
Retour à l'accueil

Partager cette page

Repost0